L’essentiel en 30 secondes
Un enfant dys fournit chaque jour plus d’efforts que ses camarades pour lire, écrire, compter ou organiser ses gestes. Bien l’accompagner, c’est d’abord coordonner les professionnels qui l’entourent et préserver son énergie. Voici comment le neurofeedback peut trouver sa place dans ce parcours, aux côtés de l’orthophonie et de l’école, et ce que vous pouvez faire à la maison.
Les troubles dys en bref
Les troubles dys, ou troubles spécifiques du langage et des apprentissages, sont des troubles du neurodéveloppement durables. Ils ne traduisent ni un manque d’intelligence ni un manque de travail. La Haute Autorité de santé (HAS) les considère comme un enjeu de santé publique et décrit, dans son guide de 2018, un parcours gradué et coordonné, centré sur les besoins de l’enfant.
Ces troubles s’associent souvent entre eux ou à un TDAH. Pour comprendre quelles fonctions cognitives sont sollicitées (attention, mémoire de travail, fonctions exécutives), lisez notre article troubles des apprentissages : les fonctions en jeu.
Qui fait quoi autour de l’enfant ?
Chaque professionnel a un rôle précis. Selon la HAS, le médecin de l’enfant (généraliste ou pédiatre) joue un rôle majeur dans le repérage puis le diagnostic, posé en lien avec le rééducateur concerné. Les parents et l’enfant sont associés à chaque décision.
Le médecin
Repère les difficultés, demande les bilans, pose le diagnostic avec les rééducateurs et coordonne le suivi.
Les rééducateurs
Orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute : ils évaluent et rééduquent le langage, l’écrit, le calcul ou le geste.
L’école
Adapte la pédagogie et met en place, si besoin, un PPRE, un PAP ou un PPS.
Le centre Élan
Entraîne l’attention et l’autorégulation par neurofeedback et biofeedback, en complément du reste.
Orthophonie et neurofeedback : deux rôles distincts
Le neurofeedback n’apprend pas à lire, à écrire ni à compter. Ce travail spécifique revient à l’orthophonie (et, selon les besoins, à la psychomotricité ou à l’ergothérapie) ainsi qu’à l’enseignant. L’entraînement vise autre chose : les ressources transversales qui rendent chaque tâche scolaire si fatigante pour l’enfant dys.
Ce que l’entraînement viseen complément
- l’attention soutenue pendant une tâche
- la gestion de la fatigue et du niveau d’éveil
- l’autorégulation du stress avant une lecture à voix haute ou un contrôle (biofeedback)
- le relâchement de la main et des épaules pendant l’écriture (biofeedback musculaire)
Ce qu’il ne remplace pasen aucun cas
- le diagnostic médical et les bilans
- la rééducation orthophonique, psychomotrice ou en ergothérapie
- les aménagements et adaptations scolaires
- un traitement médicamenteux prescrit, que seul le médecin peut modifier
Ce que dit la recherche
Les études restent peu nombreuses et de petite taille. Dans un essai randomisé publié en 2010, Breteler et ses collègues ont suivi 19 enfants dyslexiques qui bénéficiaient tous d’un soutien scolaire : le groupe ayant reçu en plus du neurofeedback a progressé en orthographe, mais pas en lecture. Une revue systématique de 12 études (López-Zamora et al., Annals of Dyslexia, 2026) conclut que le neurofeedback seul n’apporte pas de bénéfice démontré sur la lecture. Le guide de la HAS sur les troubles dys ne le mentionne pas.
Nous analysons en détail l’étude la plus souvent citée dans notre article neurofeedback et troubles dys : que montre l’étude de suivi à deux ans ?
L’école : les dispositifs à connaître
Selon la nature et la durée des difficultés, l’école peut s’appuyer sur plusieurs dispositifs. Ils relèvent de l’équipe éducative, du médecin de l’Éducation nationale ou de la MDPH : notre rôle n’est pas d’en décider, mais de partager, avec votre accord, des observations utiles sur l’attention et l’autorégulation de l’enfant.
| Dispositif | Pour quel élève ? | Qui le met en place ? |
|---|---|---|
| PPRE | Élève dont les connaissances et compétences indispensables risquent de ne pas être maîtrisées | L’équipe pédagogique, pour une durée courte |
| PAP | Élève avec des difficultés scolaires durables dues à un trouble des apprentissages, sans reconnaissance de handicap | L’école, après avis du médecin de l’Éducation nationale |
| PPS | Élève reconnu en situation de handicap | Décision de la MDPH, suivi par l’enseignant référent |
Le plan d’accompagnement personnalisé (PAP) peut notamment prévoir une prise en charge extérieure pendant le temps scolaire, chez l’orthophoniste par exemple, ainsi que des adaptations : allègement du travail, cours photocopiés, aménagement des contrôles. Le centre intervient aussi auprès des équipes éducatives : découvrez nos interventions en milieu scolaire.
Notre accompagnement, pas à pas
Le planning est construit avec vous pour ne pas surcharger un enfant déjà très sollicité. Pour le détail, consultez le programme : du bilan EEGq à l’entraînement. Si aucun diagnostic n’a encore été posé, nous vous orientons d’abord vers le médecin de l’enfant.

À la maison : préserver l’énergie de l’enfant
Des devoirs plus courts et mieux rythmés
Fractionnez le travail en séquences brèves entrecoupées de pauses, commencez par ce qui demande le plus de concentration et utilisez les outils de compensation conseillés par l’orthophoniste ou l’ergothérapeute (lecture audio, ordinateur, supports aérés).
Un sommeil protégé
Le sommeil consolide ce qui a été appris dans la journée. Des horaires réguliers et un temps calme, sans écran, avant le coucher aident l’enfant à récupérer. Si les nuits sont difficiles, lisez notre article sommeil et TDAH chez l’enfant.
Valoriser les efforts, pas seulement les notes
Un enfant dys entend souvent qu’il « ne fait pas d’efforts ». Souligner ses progrès et les stratégies qu’il met en place protège son estime de soi et sa motivation, deux leviers essentiels pour tenir dans la durée.
L’application Élan Minds, disponible prochainement, est pensée pour faciliter le lien entre la famille et les enseignants, et la mise en place des aides à l’école. Avant un rendez-vous, notre questionnaire pour parents vous aide à repérer ce qui gêne le plus votre enfant au quotidien.
Questions fréquentes
Mon enfant est suivi en orthophonie : peut-il aussi faire du neurofeedback ?
Oui, c’est même le cadre habituel : l’orthophonie travaille le langage écrit ou oral, le neurofeedback vise l’attention et l’autorégulation. Nous organisons les séances pour qu’elles s’articulent avec la rééducation sans surcharger l’emploi du temps de l’enfant.
Le neurofeedback peut-il remplacer les aménagements scolaires ?
Non. Les aménagements prévus par un PAP ou un PPS répondent aux besoins de l’enfant en classe et relèvent de l’école, du médecin de l’Éducation nationale ou de la MDPH. L’entraînement vient en complément et ne justifie jamais de les réduire.
Le bilan EEGq permet-il de diagnostiquer un trouble dys ?
Non. Le diagnostic d’un trouble dys est posé par un médecin, à partir des bilans des rééducateurs. Le bilan EEGq décrit l’activité cérébrale de l’enfant pour orienter l’entraînement et suivre son évolution.
Sources
- HAS (2018). Troubles dys : comment mieux organiser le parcours de santé ? Guide parcours de santé
- Mon Parcours Handicap. PPRE, PAI, PAP, PPS : en quoi consistent les différentes possibilités d’appui à la scolarisation ? (mis à jour en 2026)
- Ministère de l’Éducation nationale. Circulaire n° 2015-016 du 22 janvier 2015 relative au plan d’accompagnement personnalisé
- Breteler M.H.M. et al. (2010). Improvements in spelling after QEEG-based neurofeedback in dyslexia: a randomized controlled treatment study. Applied Psychophysiology and Biofeedback, 35(1), 5-11
- López-Zamora M. et al. (2026). Efficacy of neurofeedback in the treatment of dyslexia: a systematic review. Annals of Dyslexia, 76(1), 137-155