Revue de presse : le neurofeedback vu par Santé Magazine

L’essentiel en 30 secondes

L’articleSanté Magazine consacrait un dossier au neurofeedback, avec deux médecins spécialistes : les Drs Jean-Arthur Micoulaud-Franchi et Olivier Pallanca.
Le principeApprendre à moduler son activité cérébrale grâce à un retour visuel ou sonore en temps réel.
Des preuves inégalesLe TDAH et l’épilepsie sont les plus étudiés ; pour les autres indications, la recherche reste préliminaire.
Les repères en FranceLa HAS ne recommande le neurofeedback ni dans le TDAH (2024) ni dans l’autisme (2026).

Le neurofeedback intéresse de plus en plus les médias grand public. Dans cette revue de presse, nous résumons un article de Santé Magazine, rédigé par Emmanuelle Blanc avec l’éclairage du Dr Jean-Arthur Micoulaud-Franchi et du Dr Olivier Pallanca, puis nous le mettons en perspective avec les connaissances et les recommandations les plus récentes.

Ce que présentait l’article

L’article décrivait le neurofeedback comme une technique permettant d’agir sur sa propre activité cérébrale. Le cerveau émet en permanence des signaux électriques dont la fréquence varie selon notre état : les ondes alpha accompagnent plutôt le calme, les ondes bêta la vigilance et la concentration. L’entraînement consiste à renforcer ou à freiner certaines fréquences selon l’objectif, avec un atout souligné par les auteurs : le renforcement positif, la personne voyant ses progrès en temps réel.

Enregistrerdes électrodes posées sur le cuir chevelu captent les signaux du cerveau
Traduireles signaux sont numérisés et reliés à un écran ou à un son
Agirpar un effort mental, la personne fait avancer une montgolfière ou assemble un puzzle
Apprendreguidé par le praticien, le cerveau trouve peu à peu les bonnes stratégies

L’article passait ensuite en revue plusieurs indications : le TDAH, l’épilepsie résistante aux médicaments, puis des pistes jugées plus incertaines (insomnie, autisme, dépression, stress post-traumatique, maladie d’Alzheimer). Il notait que la technique, courante aux États-Unis, en Allemagne et aux Pays-Bas, restait marginale en France, proposée dans quelques centres hospitaliers universitaires.

Une brève histoire du neurofeedback

1929 : le psychiatre allemand Hans Berger publie les premiers enregistrements de l’électroencéphalogramme (EEG) humain.
Années 1960 : premiers travaux montrant que l’on peut apprendre à moduler ses rythmes cérébraux, notamment les ondes alpha.
1972 : première publication sur l’entraînement du rythme sensorimoteur chez une personne épileptique.
1976 : premier rapport chez un enfant hyperactif, qui ouvre des décennies de recherche sur le TDAH.
2014-2025 : des méta-analyses aux conclusions contrastées sur le TDAH, selon que les évaluations sont faites ou non en aveugle.
2024 et 2026 : la HAS ne recommande le neurofeedback ni dans le TDAH ni dans l’autisme.

Indication par indication : où en est la recherche ?

Indication Ce que disait l’article Ce que l’on sait aujourd’hui
TDAH De nombreuses études concluent à une amélioration de l’inattention et de l’impulsivité. Résultats contrastés. La méta-analyse cosignée par le Dr Micoulaud-Franchi (2014) ne retrouvait, dans les évaluations des enseignants, qu’une amélioration de l’inattention ; la plus large à ce jour (Westwood et al., 2025) ne trouve pas d’effet global en aveugle. La HAS (2024) ne le recommande pas.
Épilepsie résistante Moins de crises chez environ deux tiers des patients. Une méta-analyse (Tan et al., 2009) rapporte moins de crises chez 64 des 87 patients étudiés, dans des études de petite taille. Cette indication relève exclusivement des équipes médicales spécialisées.
Insomnie Des progrès modestes, une technique à affiner. En double aveugle, le neurofeedback n’a pas fait mieux qu’un entraînement simulé (Schabus et al., 2017), et une méta-analyse de 2024 ne montre pas de bénéfice supplémentaire par rapport aux autres approches.
Autisme Une piste à confirmer. La HAS (2026) classe le neurofeedback parmi les interventions non recommandées dans le TSA, faute de preuves suffisantes.
Dépression, stress post-traumatique, Alzheimer Des résultats prometteurs dans quelques études. Des pistes de recherche préliminaire, sans recommandation à ce jour.
Capteurs de biofeedback et gels utilisés en séance
Les capteurs du biofeedback : rythme cardiaque, respiration, tension musculaire.

Neurofeedback encadré et méthodes non validées

L’article mettait en garde contre certaines méthodes commerciales, dont il citait NeurOptimal, qui revendiquent des effets sur de nombreux troubles sans preuves scientifiques solides. Il évoquait aussi un casque connecté grand public destiné à la gestion du stress. Ces outils n’ont pas le même cadre qu’un entraînement mené par un professionnel, à partir d’un bilan et avec des objectifs définis.

Pour aller plus loin. Nous expliquons les différences entre ces approches dans notre article neurofeedback dynamique ou EEGq : quelle différence ?

Notre lecture au centre Élan

Cet article avait le mérite de présenter le neurofeedback avec l’éclairage de médecins spécialistes, et de distinguer les indications les plus étudiées des pistes encore fragiles. Son titre promettait en revanche davantage que ce que la recherche permet d’affirmer aujourd’hui. Notre façon de travailler est plus modeste : nous proposons un entraînement de l’autorégulation, en complément du suivi médical.

Ce que nous proposonsau centre

  • Un bilan EEGq pour décrire le fonctionnement de départ
  • Un entraînement personnalisé, associé au biofeedback
  • Une évolution mesurée par un bilan intermédiaire
  • Des échanges avec les professionnels qui vous suivent

Ce que nous ne proposons pasen toute transparence

  • Un diagnostic : il relève du médecin
  • Une prise en charge de l’épilepsie
  • Une alternative à un traitement prescrit
  • Une promesse de résultat ou un taux de réussite

Pour le TDAH, vous trouverez le détail des études récentes dans notre article TDAH, neurosciences et neurofeedback, et notre position sur l’autisme dans TSA et neurofeedback.

Un accompagnement complémentaire. Le neurofeedback et le biofeedback ne remplacent ni le diagnostic, ni le suivi médical, ni les rééducations. Ils s’inscrivent en complément, en lien avec les professionnels qui vous accompagnent. Aucun traitement ne doit être arrêté ou modifié sans l’avis du médecin qui le prescrit.

Questions fréquentes

Le neurofeedback est-il recommandé par la Haute Autorité de santé ?

Non. La HAS ne le recommande pas dans le TDAH (2024) ni dans le trouble du spectre de l’autisme (2026), en raison d’un niveau de preuve insuffisant. Il peut être envisagé en complément, en toute connaissance de cause.

Le neurofeedback peut-il aider en cas d’épilepsie ?

Des études anciennes ont porté sur des épilepsies résistantes aux médicaments, mais cette indication relève exclusivement du médecin spécialiste. Le centre Élan ne propose pas d’entraînement pour l’épilepsie, et aucun traitement antiépileptique ne doit être modifié sans avis médical.

Quelle différence avec un casque de relaxation grand public ?

Un casque grand public propose un programme standard, sans bilan ni suivi. Au centre, l’entraînement part d’un bilan EEGq, poursuit des objectifs définis avec vous, et son évolution est mesurée et accompagnée par un professionnel.

Sources

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