Trouble du spectre de l’autisme et neurofeedback

7 février 2022 Sarah Dehan

Trouble du spectre de l’autisme et neurofeedback

Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) est un trouble qui concerne environ 1 % de la population mondiale. Il touche plus les garçons que les filles, avec un rapport de 3 à 4 sur 1. Le neurofeedback peut influer positivement sur les symptômes autistiques et améliorer la vie quotidienne des personnes atteintes du TSA qui doivent lutter chaque jour contre ces symptômes.

Comprendre le trouble du spectre de l’autisme

Qu’est-ce que l’autisme ?

Le TSA est caractérisé par des dysfonctionnements dans la communication et les comportements, mais également dans les interactions sociales. L’autisme représente un ensemble de symptômes qui diffèrent d’une personne à l’autre. Il y a plusieurs variabilités à l’intérieur de cette catégorie. C’est d’ailleurs pour cela qu’on utilise le mot « spectre ».

Une première catégorie du trouble du spectre de l’autisme comprend les personnes qui présentent des anomalies au niveau de leurs interactions sociales. Dans certains cas, le fonctionnement du langage réceptif peut être intact et c’est le volet du langage expressif qui est atteint. Mais le plus souvent, les deux volets sont atteints.

Une autre catégorie regroupe les personnes qui montrent des intérêts restreints ou des comportements répétitifs.

Une troisième catégorie touche à tout ce qui est modulation sensorielle. Les personnes appartenant à cette catégorie présentent souvent une hypersensibilité, mais on peut aussi retrouver la synesthésie, c’est-à-dire deux ou plusieurs sens qui sont mélangés face à un même stimulus.

A noter qu’on peut aussi retrouver plusieurs comorbidités chez les personnes autistes, à savoir des troubles du déficit de l’attention, des troubles « Dys » ou encore de l’anxiété.

Les critères diagnostiques

La sévérité du trouble du spectre de l’autisme est spécifiée selon deux catégories :

A – Déficits persistants dans la communication sociale et interactions sociales

B – Intérêts restreints et comportements répétitifs.

Dans le DSM5, la cinquième édition du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, on retrouve trois critères qui indiquent quand ces difficultés apparaissent :

  • Comme il s’agit d’un trouble neurodéveloppemental, les symptômes doivent être présents dans la période de développement précoce, c’est-à-dire en très bas âge. Cependant, il est possible que les symptômes soient masqués et ne ressortent qu’un peu plus tard, si l’enfant est capable de compenser ses difficultés.
  • Les difficultés doivent toucher au moins deux champs de la vie. En d’autres termes, les symptômes causent une altération cliniquement significative du fonctionnement actuel dans les domaines sociaux, scolaires ou professionnels, ou d’autres domaines importants.
  • Ces perturbations ne sont pas mieux expliquées par un autre trouble, notamment la déficience intellectuelle ou un retard global de développement.

On peut citer ci-dessous quelques exemples selon les critères diagnostiques

Exemples de critères diagnostiques A

  • Déficits de la réciprocité socio-émotionnelle :
    • Approche sociale anormale
    • Incapacité d’échanger dans une conversation
    • Partage réduit d’intérêts. d’émotions ou d’affects
    • Echec d’engager ou de répondre à des interactions sociales
  • Déficits dans les comportements de communication non verbale utilisés pour l’interaction sociale :
    • Communication verbale et non verbale mal intégrée
    • Des anomalies dans le contact visuel et le langage du corps
    • Des déficits dans la compréhension et l’utilisation de gestes
    • Un manque total d’expressions faciales et de communication non verbale
  • Déficits dans le développement, le maintien et la compréhension des relations :
    • Difficultés à adapter le comportement en fonction de divers contextes sociaux
    • Difficultés à partager les jeux imaginatifs
    • Difficultés à se faire des amis
    • Absence d’intérêt pour les pairs.

Exemples de critères diagnostiques B

  • Mouvements moteurs, utilisation d’objets, paroles stéréotypées ou répétitives (par exemple : aligner des jouets ou retourner des objets…).
  • Insistance sur l’adhésion inflexible à des habitudes ou modes ritualisés de comportements verbaux ou non verbaux (par exemple : une détresse extrême en cas de petits changements, difficultés avec les transitions, modes de pensée rigide, besoin de prendre le même itinéraire ou de manger la même nourriture tous les jours…).
  • Intérêts très restreints et circonscrits qui sont anormaux dans leur intensité ou leur orientation (par exemple : un fort attachement à des objets inhabituels, des intérêts excessivement circonscrits ou poursuivis avec une persévération excessive).
  • Hyperréactivité ou hyporéactivité à des inputs sensoriels ou niveau d’intérêt inhabituel pour les aspects sensoriels de l’environnement (par exemple : indifférence apparente à la douleur ou à la température, réaction négative à des sons ou à des textures spécifiques, sentir ou toucher des objets excessivement, fascination visuelle pour des lumières…).

Catégories et niveaux de sévérité du spectre de l’autisme

Dans le spectre de l’autisme, on peut parler de différents troubles, à savoir :

  • Le trouble du spectre de l’autisme de manière générale
  • Le trouble Asperger
  • Le trouble désintégratif
  • Et le trouble envahissant du développement non-spécifié.

Puisqu’on parle de spectre avec des manifestations variées, on a aussi différents niveaux de sévérité pour les troubles de l’autisme : sévère, modéré et léger.

Une personne atteinte d’un trouble d’autisme sévère a besoin d’un soutien très important, car il n’est pas indépendant. En effet, la personne a des déficits graves dans les compétences de communication sociale, verbale et non verbale. Elle n’accepte aucun changement, car elle a son rituel et ses comportements établis. Dès qu’on change quelque chose, cela la perturbe énormément.

Une personne atteinte d’un trouble d’autisme modéré a aussi besoin d’un soutien important, mais pas d’un soutien 24h/24. La différence avec le niveau de sévérité sévère, c’est qu’avec ce soutien, la personne atteinte d’un trouble d’autisme modéré pourrait être autonome. En effet, on peut l’amener à être routinière dans son travail ou dans sa vie quotidienne en général.

Le niveau d’autisme léger comprend les personnes qui sont capables de communiquer malgré leurs déficiences. Ces personnes vont aussi être perturbées lorsqu’on leur demande de changer leurs rituels et comportements. Cependant, elles arrivent à compenser et à maintenir un certain contrôle.

 

Evaluer le trouble du spectre de l’autisme par l’EEGq

Analyse et interprétation de l’EEGq

Pour le neurothérapeute, l’électroencéphalogramme quantitatif, ou EEGq, est la mesure objective qui permet de tout mettre en place dès le début du protocole d’entraînement. En effet, c’est un point de mesure qui n’est pas touché par les atteintes de la personne en soi. Avec l’évaluation par EEGq, la personne est assise et calme. On peut comprendre son fonctionnement cérébral et avoir des informations qui sont libres de la lourdeur de la tâche, ce qui n’est pas le cas dans les tests de QI par exemple.

L’EEGq peut aussi aider à comprendre les types d’atteintes et ainsi les symptômes et éléments marquants, tout en identifiant de potentielles comorbidités.

Les deux aspects suivants sont essentiels à chaque évaluation :

  • L’évaluation cérébrale : l’EEGq
    • Distribution de l’activité d’EEGq
    • Quantité absolue et relative selon les normes
    • Connectivité entre les différentes régions cérébrales
    • Identifier les anomalies cérébrales
  • L’évaluation fonctionnelle : spécificités
    • Cognitives (attention, fonctions exécutives)
    • Motrices (hyperactivité, impulsivité, stéréotypies)
    • Emotionnelles (anxiété, estime de soi)
    • Sensorielles (hypersensibilité)
    • Sommeil (endormissement, récupération).

Le travail du neurothérapeute consiste à comprendre quelles sont les difficultés de la personne et quels sont les différents éléments touchés, à partir de l’imagerie cérébrale fonctionnelle. Les anomalies fonctionnelles sont interprétées selon :

  • La région touchée
  • Les fréquences impliquées
  • Le degré d’intensité.

Les différents profils TSA

A l’évaluation EEGq, deux grands profils se distinguent : le profil en excès et le profil qui présente des carences.

  • Profil excès

A l’interprétation des résultats, les profils excès présentent souvent des excès d’onde delta et thêta sur la couronne fronto-temporal. Le côté gauche correspond aux difficultés de langage, la communication verbale et expressive. Le côté droit correspond quant à lui aux aspects non-verbaux. Souvent, les profils excès présentent aussi un excès de haut bêta, lié à l’hypersensibilité, l’anxiété…

La manifestation typique pour ce profil est le trouble du spectre de l’autisme non-spécifié. A noter que pour un trouble d’Asperger, un profil particulier, le trouble est souvent associé avec un excès d’alpha rapide.

  • Profil carence

La plupart du temps, les profils de carence présentent des carences d’onde delta et thêta sur l’ensemble du cortex. La présence d’une activité alpha est aussi un bon indicateur, car l’entraînement en neurofeedback a ainsi beaucoup plus de chances d’aboutir même si le processus peut être long.

La manifestation typique pour ce profil de carence est le trouble du spectre de l’autisme avec déficience intellectuelle.

 

Après avoir déterminé le profil EEGq du patient, on pourra proposer un protocole de neurofeedback qui ciblera l’activité en excès ou en carence. Tout cela afin d’avoir un effet bénéfique sur les symptômes les plus importants chez le patient.

Si vous avez plus de questions, nous vous invitons à nous contacter par téléphone ou mail dans la page contact. Ou bien à prendre rdv directement sur doctolib.

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