La méthode Guillarme : apprendre à mieux respirer au quotidien

Un entraînement du souffle à pratiquer chez soi, quelques minutes par jour, proposé selon le bilan en complément du biofeedback et du neurofeedback.

L’essentiel en 30 secondes

Un entraînement du souffleQuelques minutes par jour à la maison, guidées par une application, pour que diaphragme et abdominaux travaillent ensemble.
Enfants, ados, adultesChez l’enfant, le plus souvent vers 6-7 ans, dès qu’il peut suivre les consignes.
Proposée selon le bilanQuand le bilan initial repère un souffle, une posture ou un tonus à travailler, en complément du biofeedback.
Un complémentElle ne remplace ni l’avis du médecin ou de l’ORL, ni l’orthodontie, ni l’orthophonie.

Vous reconnaissez-vous dans l’une de ces situations ?

On respire sans y penser, jusqu’au jour où le souffle pose question. Voici ce que parents, adolescents et adultes nous décrivent souvent.

« Il dort la bouche ouverte »

Votre enfant respire par la bouche, ronfle parfois, se réveille fatigué et peine à démarrer le matin.

« Elle s’avachit sans arrêt »

Dos rond, tête en avant, mal à rester assise : posture et tonus s’épuisent vite en classe.

« Il décroche vite »

L’attention s’effrite, l’agitation monte, et le souffle reste court, haut, parfois bloqué.

« Il ne sait pas se moucher »

Souffler par le nez, gonfler un ballon, faire durer une bulle : ces gestes simples restent difficiles.

« Je retiens mon souffle »

Adolescent ou adulte sous pression : ventre crispé, respiration haute, impression de manquer d’air le soir.

« Le coucher s’éternise »

Vous cherchez un rituel court et calme, que votre enfant puisse s’approprier.

Ces signes ont souvent plusieurs causes et méritent d’être regardés de près : c’est le rôle du bilan initial.

Enfant et parent assis de dos sur un canapé, regardant calmement par la fenêtre
Un moment calme à la maison, pour respirer ensemble (illustration)

Qu’est-ce que la méthode Guillarme ?

Elle porte le nom de Luc Guillarme, kinésithérapeute français, qui l’a fondée en 1991 après de longues années de pratique. Son fils, Elie Guillarme, ostéopathe, la développe aujourd’hui avec un réseau de professionnels formés (kinésithérapeutes, sages-femmes, ostéopathes…) en France et ailleurs en Europe.

Son idée centrale : faire de nouveau travailler en équipe trois acteurs du souffle, le diaphragme, les abdominaux et le périnée. Quand cette coordination fonctionne, les pressions à l’intérieur du ventre se répartissent mieux à chaque effort : tousser, porter un sac, se lever d’une chaise. Le corps se tient sans se crisper.

Le diaphragme

Principal muscle de la respiration, il participe aussi à la posture. On apprend à le laisser remonter quand on souffle.

Les abdominaux

Ils se resserrent en douceur pendant le souffle, sans que le ventre durcisse, puis se détendent. Tout l’inverse d’un gainage figé.

Le périnée

La méthode cherche à le protéger : le ventre apprend à orienter les pressions vers le haut plutôt que vers le bas.

Concrètement, on souffle longuement dans un petit embout, le Physioflow, au rythme donné par l’application MG. Le souffle part d’une descente des côtes et finit par une légère bascule du bassin ; l’inspiration se fait ventre relâché, sans blocage ni apnée.

Pourquoi la respiration par le nez compte

Le nez filtre, réchauffe et humidifie l’air avant qu’il n’atteigne les poumons. Chez l’enfant, une respiration buccale qui s’installe est souvent le signe d’un nez qui laisse mal passer l’air. Une étude italienne menée auprès de plus de 3 000 enfants l’associe à des troubles de l’articulé dentaire plus marqués ; ses auteurs rappellent que l’allergie et des végétations ou des amygdales volumineuses en sont les causes principales (Grippaudo et al., 2016).

Dans une étude brésilienne, des enfants respirant par la bouche réussissaient moins bien des épreuves de lecture, de calcul et de mémoire de travail que leurs pairs (Kuroishi et al., 2015). Ce type d’étude montre un lien, pas une cause : un sommeil perturbé, par exemple, peut aussi jouer.

Enfin, un ronflement trois nuits par semaine ou plus justifie d’en parler au médecin : l’Académie américaine de pédiatrie recommande de le rechercher chez tous les enfants, car il peut signaler des apnées du sommeil (Marcus et al., 2012).

12 %des 3 017 enfants italiens de 7 à 13 ans examinés respiraient par la boucheSource : Grippaudo et al., 2016
1,2 à 5,7 %des enfants seraient concernés par un syndrome d’apnées obstructives du sommeilSource : Marcus et al., 2012
42 enfantsrespirant par la bouche, moins à l’aise en lecture, en calcul et en mémoire de travail que leurs pairsSource : Kuroishi et al., 2015
Un nez bouché ne se règle pas par un exercice. Si votre enfant respire par la bouche ou ronfle, la première étape est l’avis du médecin traitant ou d’un ORL. La méthode Guillarme travaille la mécanique du souffle ; elle ne remplace pas l’examen du nez, des végétations ou des amygdales.

Pour qui ? Pour quoi ?

Le site de la méthode la présente comme non invasive et accessible aux enfants comme aux adultes. Chez l’enfant, il situe le début entre 5 et 7 ans, quand il peut suivre les consignes allongé puis assis ; avant, des jeux de souffle (bulles, langues de belle-mère) préparent le terrain.

Pour qui ? Pourquoi la proposer Avec qui, en parallèle
Enfant, souvent dès 6-7 ans Souffle court ou bloqué, difficulté à souffler ou à se moucher, posture et tonus fragiles, coucher agité Pédiatre ou médecin traitant, ORL, orthodontiste, orthophoniste
Adolescent Stress, respiration haute, posture devant les écrans, souffle en sport ou en musique Médecin, kinésithérapeute en cas de douleurs de dos
Adulte Tensions liées au stress, ventre crispé, besoin d’un rituel de récupération Médecin ; pour le périnée, la grossesse ou la digestion, un kinésithérapeute ou une sage-femme formés à la méthode

Le site officiel décrit d’autres usages (accouchement, fuites urinaires, digestion, dos), qui relèvent de kinésithérapeutes et de sages-femmes formés, listés sur la carte des professionnels. Il évoque aussi le TDAH, la dyslexie ou les troubles posturaux de l’enfant : sur ces sujets, les données restent préliminaires.

Comment ça se passe ?

Le bilan initialAu centre, nous observons la posture, le tonus et la façon de respirer, par le nez ou par la bouche, en plus de l’anamnèse et de l’EEG quantifié.
La recommandationSi le souffle mérite un travail ciblé, la méthode figure dans le compte rendu, avec les ressources officielles du partenaire.
Le matérielLe Physioflow et l’application MG suffisent pour commencer ; d’autres accessoires existent.
La pratique à la maisonEnviron 10 minutes par jour, ou 5 minutes deux à trois fois, d’abord allongé puis assis.
Le suiviNous faisons le point avec vous au fil de l’accompagnement et ajustons les conseils.

La régularité compte davantage que la durée. Le site de la méthode conseille une pratique quotidienne tant que la gêne persiste, puis un rythme d’entretien adapté à chacun. L’application propose un mode enfant, visuel et sonore, et garde l’historique des exercices pour encourager la constance.

Le matériel, en détail

Physioflow : embout très léger tenu en bouche, qui régule le débit de l’air soufflé. Application MG : tempo du souffle et de l’inspiration, conseils, historique. Flowbag : sac posé sur le thorax, qui aide les côtes à descendre et le diaphragme à se relâcher. Pelviflow : assise gonflable qui facilite la bascule du bassin. Le matériel s’achète auprès du fabricant, sur la boutique officielle.

Enfant allongé sur un tapis, une peluche posée sur le ventre, qui observe son souffle sous le regard d’un parent
Sentir son ventre bouger au rythme du souffle (illustration)

Le rôle des parents

Chez l’enfant, tout se joue dans la routine : votre présence installe l’habitude, sans en faire une corvée.

Un moment fixe, par exemple avant le coucherQuelques minutes, chaque jourUn ton de jeu, sans évaluationValoriser l’effort plutôt que la performanceNoter ce qui change : sommeil, souffle, posture

Ce qu’on peut en attendre, et ce qu’elle ne remplace pas

Ce que l’on peut espéreravec une pratique régulière, variable d’une personne à l’autre

  • Mieux sentir son souffle et ses tensions
  • Un souffle plus long et plus régulier
  • Un ventre qui se relâche à l’inspiration
  • Une posture plus stable au quotidien
  • Un rituel calme, que l’enfant s’approprie

Ce qu’elle ne remplace paset ne promet pas

  • L’avis du médecin ou du pédiatre
  • L’examen ORL d’un nez bouché, d’un ronflement ou d’apnées
  • Le suivi orthodontique et la rééducation orthophonique
  • La kinésithérapie, notamment périnéale
  • Un traitement prescrit, qui ne s’arrête jamais sans avis médical

Ce que dit la recherche sur la méthode elle-même

Soyons transparents. Les travaux sur la méthode concernent surtout l’adulte et les fuites urinaires, sur de petits effectifs : l’étude canadienne mise en avant par la méthode a suivi 30 femmes sans groupe témoin et a été présentée en congrès (Godbout et al., 2003). Chez l’enfant, on dispose d’observations de praticiens et de mémoires d’étudiants. À notre connaissance, aucun essai contrôlé n’a été publié dans une revue internationale ; un mémoire de kinésithérapie jugeait déjà son efficacité insuffisamment évaluée (Devoucoux, 2016). Nous la proposons donc comme un outil d’apprentissage du souffle, simple et non invasif, jamais comme une solution à elle seule.

Pourquoi le centre Élan est partenaire de la méthode

Cerveau et corps se régulent ensemble : une respiration haute, un tonus mal réparti ou une posture affaissée pèsent sur la vigilance, le sommeil et les émotions. Guylaine Bédard et Joël Lemaire, cofondateurs de l’Institut Neurosens où Sarah Dehan s’est formée à la neurothérapie intégrative, le résument ainsi : « le corps et le cerveau ne peuvent pas être abordés séparément » (témoignage publié par la méthode Guillarme). Elie Guillarme est d’ailleurs intervenu au Sommet francophone du TDAH de l’institut, en 2025.

La méthode apporte ce qui manque entre deux séances : un entraînement quotidien du souffle, guidé et autonome. Sarah Dehan figure sur la carte des professionnels publiée par la méthode.

Le bilan EEGq

Le point de départ : anamnèse, questionnaires, EEG quantifié, et observation de la posture, du tonus et du mode respiratoire. Le déroulement du bilan

Le biofeedback en séance

Capteur de respiration, cohérence cardiaque, tension musculaire : vous voyez en direct l’effet de votre souffle. Découvrir le biofeedback

La méthode à la maison

Quelques minutes par jour pour installer le geste respiratoire, puis le retrouver dans les efforts du quotidien.

Le neurofeedback entraîne, en parallèle, la régulation de l’activité cérébrale. L’ensemble s’inscrit dans notre approche de neurothérapie intégrative, qui relie posture, souffle, sommeil, émotions et attention. Lorsque le bilan repère aussi une langue placée trop bas ou une déglutition à travailler, le FroggyMouth peut compléter la méthode Guillarme : l’un vise la bouche et la langue, l’autre la mécanique du souffle. Avec votre accord, nous échangeons avec les professionnels qui vous suivent : médecin, ORL, orthodontiste, orthophoniste, kinésithérapeute.

Un accompagnement complémentaire. La méthode Guillarme, comme le biofeedback et le neurofeedback, complète le suivi médical et les rééducations (orthophonie, kinésithérapie, orthodontie) sans s’y substituer. Le centre ne pose aucun diagnostic. Nez bouché persistant, ronflement, pauses respiratoires la nuit : parlez-en d’abord à votre médecin.

Questions fréquentes

À partir de quel âge un enfant peut-il pratiquer la méthode Guillarme ?

Le plus souvent vers 6-7 ans. Le site de la méthode évoque 5 à 7 ans, selon la capacité de l’enfant à suivre les consignes allongé puis assis. Avant, des jeux de souffle comme les bulles de savon préparent le terrain. Nous en parlons ensemble lors du bilan.

Combien de temps faut-il y consacrer ?

Environ 10 minutes par jour, ou 5 minutes deux à trois fois, chaque jour tant que la gêne persiste, puis à un rythme d’entretien.

Mon enfant respire par la bouche : la méthode suffit-elle ?

Non. Une respiration buccale persistante demande d’abord l’avis du médecin ou d’un ORL, qui recherchera une cause comme une allergie ou des végétations. L’orthodontiste et l’orthophoniste peuvent aussi intervenir. La méthode vient en complément.

Faut-il venir au centre pour pratiquer ?

Non, la méthode se pratique à la maison, guidée par l’application. Le bilan initial dit si elle est pertinente, et nous faisons le point ensemble au fil de l’accompagnement.

Où se procurer le matériel ?

Le Physioflow s’achète auprès du fabricant, sur la boutique officielle de la méthode, en pack avec l’accès à l’application. Les liens utiles figurent dans votre compte rendu de bilan.

Sources