FroggyMouth : déglutition, langue et respiration par le nez

Un petit dispositif porté 15 minutes par jour devant un écran pour aider langue, lèvres et respiration à trouver les bons automatismes. Partenaire du centre Élan.

L’essentiel en 30 secondes

15 minutes par jourUn petit dispositif souple, tenu entre les lèvres devant un écran, sans exercice à apprendre.
Langue, lèvres, respirationIl aide à installer une déglutition mature, une langue haute au repos et des lèvres fermées.
Au centre ÉlanRepéré lors du bilan initial, il complète le biofeedback et le neurofeedback.
Un complémentIl ne remplace ni l’orthodontiste, ni l’orthophoniste, ni l’avis ORL ou médical.

Bouche ouverte, langue basse : vous reconnaissez votre enfant ?

Certains signes passent inaperçus au quotidien. Pris ensemble, ils peuvent indiquer que la langue, les lèvres et la respiration n’ont pas encore trouvé leur équilibre.

Bouche entrouverte devant les écrans ou en classeLangue posée en bas ou visible entre les dentsLangue qui pousse sur les dents en avalantRespiration par la bouche, le jour ou la nuitRonflement, bouche ouverte au réveilOreiller mouillé, bavageLèvres peu toniquesZozotement légerAppareil orthodontique en cours ou prévu

Votre orthodontiste a peut-être parlé de déglutition atypique, ou « déglutition de bébé » : en avalant, la langue part vers l’avant au lieu de remonter contre le palais. Normal chez le tout-petit, ce schéma peut, s’il persiste, peser sur les dents, la respiration et la parole. Il concerne aussi des adolescents et des adultes.

Ronflement, nez bouché, pauses respiratoires la nuit ? Parlez-en d’abord à votre médecin ou à un ORL : végétations, amygdales ou allergie peuvent empêcher de respirer par le nez. Cet avis passe avant toute rééducation.

Qu’est-ce que FroggyMouth ?

FroggyMouth est un petit dispositif souple, sans latex ni phtalates, qui se tient entre les lèvres. Conçu par le Dr Patrick Fellus, orthodontiste, à l’hôpital Robert-Debré à Paris, il est fabriqué en France et présenté par son fabricant comme un dispositif médical de classe I. Il existe en trois tailles. Ce n’est pas un appareil orthodontique : il ne tient pas aux dents.

Son originalité : une rééducation passive. L’enfant n’a ni exercice à répéter ni consigne à retenir. Il porte le dispositif 15 minutes par jour en regardant un programme qu’il aime, et son corps fait le reste. Orthodontistes, dentistes, orthophonistes, kinésithérapeutes et ostéopathes l’utilisent.

Comment agit-il ?

Pour avaler comme un tout-petit, il faut fermer les lèvres et pousser la langue vers l’avant. FroggyMouth garde les lèvres légèrement écartées : ce vieux schéma ne fonctionne plus. La salive s’accumule et l’enfant trouve seul une autre façon d’avaler, dents en contact et langue contre le palais : la déglutition mature. Répété chaque jour, ce geste devient automatique. Selon le fabricant, la langue finit alors par rester haute au repos, ce qui favorise la respiration par le nez.

La déglutition

Passer d’une déglutition de petit enfant, langue en avant, à une déglutition mature, langue au palais.

La position de la langue

Une langue qui repose contre le palais, plutôt qu’au fond de la bouche ou entre les dents.

La fermeture des lèvres

Des lèvres plus toniques, qui restent jointes sans effort au repos.

La respiration nasale

Une langue haute limite le passage de l’air par la bouche : c’est l’objectif visé à terme.

Pourquoi la déglutition et la fermeture des lèvres comptent

Au repos, lèvres jointes, langue au palais et respiration nasale vont ensemble. Une langue qui pousse sur les dents à chaque déglutition peut gêner la croissance harmonieuse des mâchoires (Quinzi et al., 2020). Respiration buccale et déglutition atypique vont aussi souvent de pair : une méta-analyse de 2024 estime que la déglutition atypique est environ 3,7 fois plus fréquente chez les personnes qui respirent par la bouche. Ses auteurs soulignent toutefois que les méthodes de diagnostic varient beaucoup d’une étude à l’autre (Gómez-González et al., 2024).

Ce que dit la recherche sur FroggyMouth

Quatre publications sur le dispositif sont indexées dans PubMed : une description du protocole (Di Vecchio et al., 2019), une série de six cas cliniques (Manzini et al., 2020) et deux études prospectives italiennes.

Ces résultats sont encourageants mais à lire avec prudence : petits effectifs, aucun groupe témoin, pas d’essai randomisé. Les auteurs demandent eux-mêmes des études contrôlées. Plus largement, une revue systématique sur l’orthodontie précoce et la rééducation des muscles de la bouche chez l’enfant juge l’approche prometteuse, mais les preuves de qualité discutable (Koletsi et al., 2018). Aucune étude publiée n’a encore évalué FroggyMouth sur le ronflement ou l’apnée du sommeil.

15 minde port par jour, en une seule fois, selon le protocole du fabricantSource : FroggyMouth
33 / 40enfants réguliers dont la déglutition a été corrigée en 6 mois, dans une étude sans groupe témoinSource : Quinzi et al., 2020
× 3,7la fréquence de la déglutition atypique chez les personnes qui respirent par la boucheSource : Gómez-González et al., 2024
2 à 6 moisla durée habituelle d’utilisation ; c’est le professionnel qui décide de la finSource : FroggyMouth

Pour qui ? Pour quoi ?

Le fabricant destine FroggyMouth à toute personne dont la langue est mal placée, dès 3 ans, l’âge où la mastication s’installe, et sans limite d’âge. Au centre Élan, nous accompagnons les enfants dès 5 ans, les adolescents et les adultes.

Situation Ce que FroggyMouth peut apporter Professionnels concernés
Déglutition atypique Automatiser une déglutition langue au palais Orthodontiste, orthophoniste
Respiration par la bouche Favoriser une langue haute, condition de la respiration nasale ORL ou médecin d’abord, puis rééducation
Lèvres peu toniques, bavage Renforcer la fermeture des lèvres Orthophoniste, kinésithérapeute
Appareil orthodontique Soutenir le travail de l’orthodontiste et sa stabilité, selon le fabricant Orthodontiste
Quand FroggyMouth n’est pas adapté, ou pas encore
  • Tétine, pouce ou biberon encore présents : ces habitudes sont à arrêter d’abord.
  • Palais trop étroit ou décalage important entre les dents du haut et du bas : l’avis de l’orthodontiste prime.
  • Appareils qui empêchent la langue de monter (disjoncteur, quad’helix) : on attend leur retrait.
  • Obstacle à la respiration nasale : avis ORL ou médical avant tout.

Comment s’utilise-t-il ?

La bonne tailleS, M ou L selon la largeur de la bouche, choisie avec le professionnel qui vous accompagne.
15 minutes par jourD’une seule traite, de préférence à heure fixe. La régularité compte plus que la durée.
Devant la télévisionTête droite, écran à hauteur des yeux. Ni livre ni tablette sur les genoux : la tête penche.
Sans parler, sans l’enleverL’enfant regarde son programme et laisse son corps chercher la solution.
Lavé et rangéÀ l’eau et au dentifrice après chaque usage, bien séché, puis rangé dans sa boîte.

Les premiers jours, il est fréquent de baver un peu ou de faire des grimaces : l’ancien automatisme est bousculé. Le dispositif n’est pas douloureux et ne se porte pas la nuit. Le fabricant prévoit un point d’étape une à trois semaines après le début, puis une vérification de l’automatisme vers dix semaines. L’utilisation dure le plus souvent 2 à 6 mois ; c’est le professionnel qui juge quand le geste est acquis.

Le rôle des parents

Parent et enfant à table discutant de la routine du soir avec une petite liste et un minuteur
Un moment fixe chaque jour aide à installer l’habitude (illustration)

Installer un rituel

Même moment chaque jour, un minuteur, un programme choisi ensemble. Un jour plus long ne dispense pas du lendemain.

Encourager sans expliquer

Le fabricant conseille de ne pas trop détailler le principe à l’enfant : il trouve le bon geste en cherchant seul.

Garder le lien

Notez les jours de port et signalez un bavage qui persiste au professionnel qui vous suit.

Ce qu’on peut en attendre, et ce qu’il ne remplace pas

Ce qu’on peut en attendreavec un port régulier

  • Une déglutition qui s’automatise, langue au palais
  • Des lèvres plus toniques, une bouche plus souvent fermée au repos
  • Une langue plus haute, condition de la respiration par le nez
  • Un appui au travail de l’orthodontiste ou de l’orthophoniste

Ce qu’il ne fait paset ne remplace pas

  • Il ne remplace pas un appareil orthodontique et ne déplace pas les dents de façon prévisible
  • Il ne remplace pas la rééducation orthophonique d’un trouble d’articulation marqué
  • Il ne lève pas un obstacle ORL (végétations, amygdales, nez bouché)
  • Il ne pose aucun diagnostic, notamment d’apnée du sommeil
  • Aucun résultat garanti : tout dépend de la régularité et de chaque situation
Enfant assis bien droit sur un canapé, vu de dos, devant un documentaire nature à hauteur des yeux
Assis bien droit, la tête face à l’écran : la position recommandée pendant l’utilisation (illustration)

Pourquoi le centre Élan est partenaire de FroggyMouth

Au centre, nous travaillons l’autorégulation du cerveau et du corps, et la respiration en fait partie. Lors du bilan initial, en plus de l’anamnèse et de l’EEG quantifié, nous observons la posture, le tonus et le mode de respiration, par le nez ou par la bouche. Selon les besoins, FroggyMouth vient alors compléter le travail pour la régulation bucco-respiratoire : déglutition, position de la langue, fermeture des lèvres.

Le bilanEEG quantifié, posture, tonus et respiration observés.
Le compte renduSi besoin, FroggyMouth y est recommandé, avec des ressources du fabricant.
Le lienAvec votre accord : orthodontiste, orthophoniste, ORL, kinésithérapeute, médecin.
Les séancesBiofeedback et neurofeedback au centre, FroggyMouth à la maison.

Une complémentarité avec le biofeedback et la neurothérapie intégrative

FroggyMouth installe des automatismes, sans effort conscient. En séance de biofeedback, on travaille au contraire la respiration en conscience : une ceinture thoracique montre le rythme du souffle, et l’on apprend à ralentir pour installer la cohérence cardiaque. L’un prépare le chemin, le nez et la langue au palais ; l’autre apprend à s’en servir pour se calmer. Le neurofeedback agit en parallèle sur l’activité cérébrale, selon le protocole issu du bilan EEGq.

C’est l’esprit de la neurothérapie intégrative : considérer ensemble cerveau, corps et habitudes de vie, car respiration, posture et sommeil s’influencent. Selon les besoins, la méthode Guillarme, centrée sur le souffle et la posture, peut compléter ce travail.

En pratique. Le fabricant prévoit que FroggyMouth soit conseillé par un professionnel qui en suit l’utilisation. Les modalités concrètes (comment vous le procurer, qui assure les points d’étape) vous sont précisées à la remise du compte rendu.
Un accompagnement complémentaire. FroggyMouth, le biofeedback et le neurofeedback complètent, sans s’y substituer, le diagnostic, le suivi médical et la rééducation orthophonique, orthodontique ou kinésithérapique. Nous travaillons en lien avec les professionnels qui vous suivent.

Questions fréquentes

À partir de quel âge peut-on utiliser FroggyMouth ?

Le fabricant l’indique dès 3 ans, une fois la mastication en place, et sans limite d’âge. La taille S convient à la plupart des enfants de moins de 13 ans, la taille M aux adolescents et aux adultes. Au centre, nous accompagnons les enfants dès 5 ans, les adolescents et les adultes.

Peut-on le porter avec un appareil orthodontique ?

Oui, avec la plupart, puisqu’il se tient entre les lèvres, sauf ceux qui empêchent la langue de monter (disjoncteur, quad’helix). Prévenez toujours votre orthodontiste.

Nous n’avons pas de télévision : comment faire ?

Un écran d’ordinateur surélevé à hauteur des yeux convient. L’important est de garder la tête droite, ce qu’un livre ou une tablette sur les genoux ne permettent pas.

Est-ce douloureux ? Et si mon enfant bave ?

Non, il n’est pas douloureux. Un peu de bavage les premiers jours est attendu. S’il persiste, signalez-le au professionnel qui suit votre enfant : le fabricant décrit un petit exercice à faire en séance pour l’aider.

FroggyMouth agit-il sur le ronflement ou l’apnée du sommeil ?

Aucune étude publiée ne l’a encore évalué. Ronflement ou pauses respiratoires nocturnes demandent d’abord un avis médical ou ORL ; la rééducation de la langue peut ensuite compléter.

Sources