L’essentiel en 30 secondes
Le TDAH, de quoi parle-t-on ?
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble du neurodéveloppement. Il associe des difficultés d’attention, accompagnées ou non d’agitation et d’impulsivité, d’une intensité inhabituelle pour l’âge. Il apparaît dans l’enfance, persiste souvent à l’adolescence et à l’âge adulte, et son expression évolue au fil de la vie.
On distingue trois présentations : à inattention prédominante, à hyperactivité-impulsivité prédominante, ou combinée, la plus fréquente chez l’enfant suivi en consultation. Ces difficultés pèsent sur la scolarité, les relations, la vie de famille et, souvent, sur l’estime de soi.
Inattention
Du mal à rester concentré, des oublis, des étourderies, des tâches commencées et non terminées, une grande distractibilité.
Hyperactivité
Un besoin de bouger difficile à canaliser, du mal à rester assis, une agitation qui gêne en classe ou à table.
Impulsivité
Répondre avant la fin de la question, couper la parole, avoir du mal à attendre son tour, agir sans anticiper.
Les critères diagnostiques en bref (DSM-5-TR et CIM-11)
Le médecin vérifie notamment que :
- les symptômes d’inattention et/ou d’hyperactivité-impulsivité sont nombreux (au moins six dans une même catégorie chez l’enfant, cinq à partir de 17 ans) ;
- ils durent depuis au moins six mois et sont trop marqués pour l’âge ;
- plusieurs d’entre eux étaient présents avant 12 ans ;
- ils se manifestent dans au moins deux milieux de vie (maison, école, loisirs) ;
- ils ont un retentissement réel et ne s’expliquent pas mieux par une autre cause.
Combien de personnes sont concernées ?
Chez les filles, le TDAH serait sous-diagnostiqué : la forme inattentive, plus discrète, y est plus fréquente et passe facilement pour de la rêverie ou de la timidité. Chez l’adulte aussi, le trouble reste largement méconnu.
D’où vient le TDAH ?
Comme pour les autres troubles du neurodéveloppement, ses causes ne sont que partiellement connues. La HAS souligne l’interaction de plusieurs facteurs :
- génétiques : l’héritabilité dépasse 70 %, ce qui explique que l’on retrouve souvent d’autres cas dans la famille ;
- environnementaux, en particulier pendant la grossesse et autour de la naissance (prématurité, faible poids de naissance, exposition à l’alcool ou à des toxiques).
Au cœur du trouble, on retrouve une atteinte des fonctions attentionnelles, souvent associée à celle d’autres fonctions exécutives : freiner une réaction, planifier, passer d’une tâche à l’autre, garder une information en tête. Ce que les neurosciences observent dans le cerveau est détaillé dans notre article TDAH, neurosciences et neurofeedback.
Des troubles souvent associés
Le TDAH est rarement seul. Ces troubles associés comptent autant que le TDAH lui-même dans le quotidien, et doivent être recherchés :
Le sommeil mérite une attention particulière : la HAS recommande de l’évaluer systématiquement. Nous y consacrons un article : sommeil et TDAH chez l’enfant.
Comment se pose le diagnostic en France ?
Le diagnostic est clinique. Il est posé par un médecin formé au TDAH (pédiatre, pédopsychiatre, neuropédiatre, psychiatre…), le plus souvent après un premier repérage par le médecin traitant. Selon les recommandations de la HAS (2024), la démarche comprend cinq étapes :
Le médecin s’appuie sur des questionnaires remplis par les parents et les enseignants, et peut demander des bilans complémentaires (neuropsychologique, orthophonique, psychomoteur). Pour les enfants jusqu’à 12 ans, les plateformes de coordination et d’orientation (PCO) permettent d’engager bilans et interventions avant même que le diagnostic soit posé. Pour savoir quels signes observer selon l’âge et à qui vous adresser, consultez notre guide des signes du TDAH chez l’enfant.

Un accompagnement multimodal
La HAS recommande un projet global, multimodal et pluridisciplinaire, construit avec l’enfant et sa famille et réévalué régulièrement. Voici ce qu’elle préconise :
| Intervention | Position de la HAS (2024) |
|---|---|
| Psychoéducation | Recommandée systématiquement dès le diagnostic : comprendre le trouble pour mieux agir. |
| Guidance parentale (programmes d’entraînement aux habiletés parentales) | Recommandée en première intention ; possible dès que le trouble est suspecté. |
| Aménagements scolaires | Adaptations en classe, PAP, ou PPS si une reconnaissance MDPH est nécessaire. |
| Thérapies comportementales, cognitives et émotionnelles (TCCE) | Recommandées en cas d’anxiété, d’humeur dépressive ou de difficultés émotionnelles. |
| Traitement médicamenteux | Prescrit par le médecin selon l’âge et l’intensité du trouble, toujours associé aux mesures non médicamenteuses. |
| Habitudes de vie | Sommeil évalué systématiquement, activité physique régulière, usage raisonné des écrans. |
| Neurofeedback | Non recommandé dans la prise en charge spécifique du TDAH, faute de niveau de preuve suffisant. |
Où se situe le neurofeedback ?
La position de la HAS est claire, et nous la partageons avec les familles : le neurofeedback ne fait pas partie des interventions recommandées pour le TDAH en France. La recherche internationale reste partagée, avec des résultats encourageants dans certaines études et plus réservés dans les essais les plus rigoureux ; nous les présentons en détail dans notre article consacré à la recherche.
Au centre Élan, le neurofeedback et le biofeedback sont proposés comme un entraînement de l’autorégulation (attention, niveau d’éveil, gestion du stress, sommeil), en complément du suivi médical, des rééducations et des aménagements scolaires. Pour découvrir le déroulement de cet accompagnement, rendez-vous sur notre page neurofeedback et TDAH.
Questions fréquentes
Le TDAH disparaît-il à l’âge adulte ?
Pas toujours. L’agitation diminue souvent avec l’âge, mais l’inattention et l’impulsivité persistent fréquemment : près d’un jeune sur deux garde des difficultés à l’âge adulte, sous une forme différente (organisation, procrastination, gestion des émotions). Un diagnostic peut aussi être posé pour la première fois chez l’adulte.
Qui peut poser le diagnostic de TDAH ?
Un médecin formé au TDAH : pédiatre, pédopsychiatre, neuropédiatre ou psychiatre, généralement après une première consultation chez le médecin traitant. Les psychologues, neuropsychologues, orthophonistes ou psychomotriciens apportent des bilans précieux, mais la conclusion diagnostique reste médicale.
Le bilan EEGq permet-il de diagnostiquer un TDAH ?
Non. Aucun examen, EEG ou imagerie, ne permet aujourd’hui de diagnostiquer un TDAH. Le bilan EEGq réalisé au centre décrit le fonctionnement cérébral de chaque personne au repos et sert à personnaliser l’entraînement, puis à suivre son évolution.
Sources
- Haute Autorité de santé (2024). Trouble du neurodéveloppement / TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents. Recommandation de bonne pratique
- Haute Autorité de santé (2024). Page de présentation de la recommandation et outils associés
- Assurance Maladie (ameli.fr). TDAH : symptômes, diagnostic et évolution
- Mon Parcours Handicap (CNSA). Qu’est-ce que le TDAH ? Aides, PCO et aménagements scolaires