Acouphènes : bilan ORL, recommandations HAS et place du neurofeedback

L’essentiel en 30 secondes

Fréquents10 à 19 % des adultes ont des acouphènes ; 1 à 4 % les jugent gênants, selon la HAS.
D’abord l’ORLLe bilan médical (examen, audiométrie, imagerie si besoin) est la première étape, indispensable.
TCC recommandéesLa HAS recommande les thérapies comportementales et cognitives dans tous les cas, et l’appareillage en cas de perte auditive.
Neurofeedback : en rechercheNon recommandé pour les acouphènes eux-mêmes, il peut aider en complément face au stress, à l’anxiété ou au sommeil.

Qu’est-ce qu’un acouphène ?

Un acouphène est une sensation auditive (sifflement, bourdonnement, grésillement…) perçue sans aucune source sonore extérieure. Selon la recommandation de la Haute Autorité de santé (HAS) adoptée en juin 2026, il est dit persistant lorsqu’il dure depuis au moins six mois, et invalidant lorsqu’il affecte la qualité de vie de manière significative. La gêne se mesure notamment avec le questionnaire THI (Tinnitus Handicap Inventory).

La fréquence des acouphènes augmente avec l’âge et avec la baisse de l’audition. Une vaste méta-analyse internationale (Jarach et al., 2022) estime qu’environ 14 % des adultes en ont, et qu’environ 2 % présentent une forme sévère.

Part des adultes ayant des acouphènes, selon l’âge

18 à 44 ans
9,7 %
45 à 64 ans
13,7 %
65 ans et plus
23,6 %

Source : Jarach et al., JAMA Neurology, 2022 (méta-analyse de 113 études).

Pourquoi le cerveau est concerné

L’acouphène est souvent lié à une baisse de l’audition ou à une exposition au bruit, mais c’est le cerveau qui le perçoit, lui donne de l’importance et en fait, ou non, une gêne. La HAS décrit un cercle vicieux bien connu : l’acouphène provoque du stress, qui focalise l’attention sur le son, ce qui en amplifie la perception.

L’acouphèneUn son perçu, parfois intermittent, parfois permanent.
Le stressInquiétude, tension, parfois détresse émotionnelle.
L’attentionElle se focalise sur le son, qui devient omniprésent.
L’amplificationLa gêne augmente, le sommeil et la concentration en pâtissent.

Les études en EEG ont par ailleurs mis en évidence, chez de nombreuses personnes, une activité cérébrale modifiée dans les régions auditives, notamment une baisse des rythmes alpha, associés au repos, et une hausse des rythmes lents delta, même si ce profil n’est pas retrouvé dans toutes les études. C’est sur ces observations que repose l’idée d’un entraînement par neurofeedback.

La prise en charge de référence : d’abord l’ORL

La HAS place le médecin généraliste ou l’ORL au cœur du parcours. Le bilan comprend un interrogatoire détaillé, un examen clinique avec otoscopie, une audiométrie et, selon les cas, une imagerie (IRM systématique en cas d’acouphène d’un seul côté, par exemple).

Consultez sans attendre en cas d’acouphène pulsatile apparu soudainement ou qui évolue vite, d’acouphène récent accompagné d’un mal de tête inhabituel et brutal, de signes neurologiques (faiblesse, trouble de la parole, de la vision…), ou d’acouphène apparu après un traumatisme. Ces situations nécessitent un avis médical rapide, parfois en urgence.
Médecin ou ORLInterrogatoire, examen, recherche des signes de gravité.
Bilan fonctionnelAudiométrie et tests auditifs, de préférence chez l’ORL.
Imagerie si besoinSelon le type d’acouphène et l’examen.
Consultation de synthèseExplications et projet de soins construit avec vous.
Suivi régulierRéévaluation de la gêne à chaque étape.
Approche Position de la HAS (2026)
Thérapies comportementales et cognitives Recommandées dans tous les cas.
Aides auditives (thérapie sonore) Proposées selon le niveau d’audition et de gêne, avec un audioprothésiste.
Implant cochléaire Dans des situations précises de surdité sévère.
Activité physique Recommandée en cas de troubles anxieux associés.
Neuromodulation, stimulation Données insuffisantes pour la recommander ; stimulation magnétique transcrânienne (rTMS) non recommandée dans les acouphènes chroniques réfractaires.
Neurofeedback, sophrologie, hypnose Pas recommandés à titre systématique pour l’acouphène lui-même ; possibles en complément pour les difficultés associées.

La HAS souligne aussi le rôle des associations de patients et de la pair-aidance pour partager une information fiable et prévenir les dérives de certaines pratiques.

Neurofeedback et acouphènes : ce que dit la recherche

Le neurofeedback cherche à apprendre au cerveau à rééquilibrer l’activité observée dans les régions auditives, par exemple en renforçant les rythmes alpha et en diminuant les rythmes delta. Une revue de la littérature (Güntensperger et al., 2017) juge les premiers résultats prometteurs, mais souligne l’absence de protocoles standardisés, qui rend les études difficiles à comparer, et la nécessité de travaux plus solides.

La HAS est claire : les preuves sont insuffisantes pour recommander le neurofeedback à titre systématique dans la prise en charge spécifique des acouphènes. Elle reconnaît en revanche que ces approches peuvent représenter « une aide pour le patient dans la gestion des comorbidités », notamment en cas d’anxiété, de troubles du sommeil, de stress ou de difficultés de concentration, en complément des prises en charge psychologiques et audiologiques. Elle cite aussi la cohérence cardiaque parmi les interventions complémentaires de régulation du stress.

Ce que l’on peut viseren complément

  • Mieux réguler le stress et l’anxiété liés aux acouphènes.
  • Retrouver un sommeil plus réparateur.
  • Soutenir la concentration au quotidien.

Ce que l’on ne promet pasen l’état des connaissances

  • Faire disparaître l’acouphène.
  • Remplacer le bilan ORL ou les TCC.
  • Un résultat chiffré ou garanti.

Ce que nous proposons, en complément du suivi ORL

Salle d’entraînement du Centre Élan
La salle d’entraînement du centre, à Brétigny-sur-Orge.

Nous recevons les personnes gênées par des acouphènes après leur bilan ORL. L’accompagnement vise la gestion du stress et du sommeil : biofeedback de cohérence cardiaque et de respiration, apprentissage du relâchement musculaire et, après un bilan EEGq, neurofeedback ciblé sur l’autorégulation. Ce travail se coordonne, avec votre accord, avec votre ORL, votre médecin et votre psychologue. Si l’anxiété domine, notre article sur les troubles anxieux vous apportera des repères utiles.

Un accompagnement complémentaire. Le neurofeedback et le biofeedback sont des méthodes d’entraînement de l’autorégulation. Ils ne remplacent ni le diagnostic, ni le suivi ORL et médical, ni les thérapies recommandées. Un traitement médicamenteux ne doit jamais être arrêté ou modifié sans l’avis du médecin qui le prescrit.

Questions fréquentes

Le neurofeedback peut-il faire disparaître mes acouphènes ?

Nous ne pouvons pas le promettre. La HAS ne le recommande pas pour l’acouphène lui-même, faute de preuves suffisantes. L’entraînement peut en revanche aider à mieux gérer le stress, l’anxiété et le sommeil qui accompagnent souvent les acouphènes.

Dois-je consulter un ORL avant de venir ?

Oui. Le bilan médical et ORL est indispensable pour rechercher une cause, une perte auditive ou un signe de gravité. Notre accompagnement intervient ensuite, en complément.

Que travaille-t-on concrètement en séance ?

Selon le bilan : la respiration et la cohérence cardiaque, le relâchement des tensions, et un entraînement de neurofeedback orienté vers un état plus calme. Des exercices simples sont à reprendre chez soi entre les séances.

Sources

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