Neurofeedback, tics et syndrome Gilles de la Tourette

Un entraînement de l’autorégulation pour mieux gérer le stress, l’attention et le sommeil quand les tics pèsent au quotidien, dès 5 ans, à Brétigny-sur-Orge (91).

Les tics et le syndrome Gilles de la Tourette au quotidien

Les tics sont des mouvements ou des sons brefs, répétés et involontaires : clignements des yeux, grimaces, haussements d’épaules, raclements de gorge, reniflements, parfois des mots. On parle de syndrome Gilles de la Tourette (SGT) lorsque plusieurs tics moteurs et au moins un tic vocal sont présents depuis au moins un an et sont apparus avant 18 ans. Ce diagnostic est clinique et relève du médecin.

Les tics fluctuent : ils augmentent souvent avec le stress, la fatigue ou l’excitation, et beaucoup de personnes ressentent avant le tic une sensation prémonitoire, une envie difficile à contenir. Les retenir en classe ou au travail épuise. Le SGT s’accompagne souvent d’un TDAH, de TOC, d’anxiété ou de troubles des apprentissages, qui pèsent parfois davantage que les tics eux-mêmes. Selon le protocole national de la HAS, le SGT s’améliore nettement à l’âge adulte dans environ deux tiers des cas.

Ce que le neurofeedback peut apporter en cas de tics

Le neurofeedback ne fait pas « disparaître » les tics. Il propose un entraînement non invasif et non médicamenteux de l’autorégulation : pendant la séance, l’activité cérébrale est mesurée en continu et un retour en temps réel, visuel ou sonore, récompense les états recherchés, comme un niveau d’éveil plus stable ou une attention plus posée. Le travail porte sur ce qui alimente souvent les tics : tension, stress, agitation, manque de sommeil. Le biofeedback complète l’entraînement : la respiration et la cohérence cardiaque pour faire baisser la pression, la mesure de la tension musculaire (EMG) pour apprendre à relâcher les zones crispées, l’activité électrodermale pour visualiser la réactivité au stress.

Un bilan EEGq au départ

Étape 1

Une anamnèse détaillée (histoire des tics, moments où ils augmentent ou s’apaisent, troubles associés), des questionnaires (attention avec la SNAP-IV, sommeil avec la SDSC, anxiété, questionnaire postural) et un EEG quantifié comparé à une base normative. Ce bilan ne sert pas à diagnostiquer les tics : il guide le choix des cibles d’entraînement. Découvrir le programme ou le déroulement du bilan EEGq.

Un entraînement sur mesure

Étape 2

Un protocole de neurofeedback swLORETA Z-score (19 voies) ou 2 canaux personnalisé, ciblant les rythmes liés à l’éveil, au contrôle moteur ou à l’attention repérés au bilan, et associé au biofeedback. Les séances durent une heure, à raison d’une ou deux par semaine.

Une évolution mesurée

Étape 3

Un bilan EEGq intermédiaire, mis en regard du bilan initial, les questionnaires et vos observations sur la fréquence et l’intensité des tics permettent d’ajuster la suite. Comme les tics varient naturellement d’une période à l’autre, nous lisons cette évolution avec prudence, sur plusieurs semaines.

Neurofeedback et tics : ce que dit la recherche

La recherche sur le neurofeedback et le syndrome Gilles de la Tourette n’en est qu’à ses débuts. Un essai randomisé en double aveugle publié dans Biological Psychiatry (Sukhodolsky et al., 2020) a comparé, chez 21 adolescents avec un SGT, un neurofeedback réel et un neurofeedback factice ciblant l’aire motrice supplémentaire. Le score de tics (échelle YGTSS) a davantage baissé après le neurofeedback réel (de 25,2 à 19,9) qu’après la version factice (de 24,8 à 23,3). L’étude est petite (deux séances par condition) et menée en IRM fonctionnelle, technique différente de l’EEG.

À l’inverse, l’essai randomisé de Nagai et al. (2014), publié dans Cognitive and Behavioral Neurology, a testé chez 21 personnes avec un SGT un biofeedback de l’activité électrodermale, trois fois par semaine pendant quatre semaines : les tics ont diminué autant dans le groupe actif que dans le groupe factice, sans effet spécifique démontré.

En France, le protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) du syndrome Gilles de la Tourette (2022), publié par la HAS, ne mentionne ni le neurofeedback ni le biofeedback. Il recommande l’information de la personne et de sa famille, des mesures d’hygiène de vie (sommeil, sport), les thérapies cognitivo-comportementales comme l’inversion d’habitude (CBIT), considérées comme une approche de première intention, et des médicaments selon les situations.

Un entraînement complémentaire. Le neurofeedback ne se substitue ni au diagnostic, ni au suivi médical ou neurologique, ni aux approches comportementales des tics : il s’y ajoute, en coordination avec ces professionnels.

Une prise en charge globale des tics

Un sommeil suffisant, une activité physique régulière, des écrans limités le soir et des moments de détente aident à faire baisser la pression. Mieux vaut éviter de faire remarquer les tics ou de demander de les retenir, ce qui augmente souvent la tension. La guidance parentale et, avec votre accord, les échanges avec le médecin, le psychologue ou l’école complètent l’accompagnement. Bientôt, l’application Élan Minds prolongera ce travail entre les séances. Si l’attention ou l’inquiétude sont au premier plan, voir aussi nos pages neurofeedback et TDAH et anxiété et stress.

Sarah Dehan, fondatrice du centre, est engagée bénévolement depuis 2015 au sein du comité de gouvernance collégiale de l’Association Française du Syndrome de Gilles de la Tourette (AFSGT), où elle participe à des missions liées à la recherche.

Pour qui ? Enfants, adolescents et adultes

Enfants dès 5 ans, adolescents et adultes qui présentent des tics chroniques ou un syndrome Gilles de la Tourette diagnostiqué, surtout lorsque le stress, l’attention ou le sommeil compliquent le quotidien. Des tics passagers sont fréquents chez l’enfant : en cas d’apparition récente, d’aggravation rapide ou de doute, consultez d’abord votre médecin, qui pourra vous orienter vers un neuropédiatre ou un neurologue.

Questionnaire pour parents. Des questions sur l’attention, l’agitation, les émotions ou le sommeil de votre enfant ? Notre questionnaire pour parents propose un premier repérage en quelques minutes.

Questions fréquentes sur le neurofeedback et les tics

Le neurofeedback fait-il disparaître les tics ?

Nous ne pouvons pas le promettre, et la recherche ne permet pas de l’affirmer. L’entraînement vise l’autorégulation : mieux gérer le stress, l’agitation, l’attention et le sommeil, qui influencent l’intensité des tics.

Combien de séances faut-il prévoir ?

Prévoyez en moyenne une trentaine de séances d’une heure, au rythme d’une ou deux par semaine. Après le bilan EEGq viennent une quinzaine de séances, puis un bilan intermédiaire comparatif qui oriente la quinzaine suivante.

Peut-on associer le neurofeedback à un suivi médical ou à une approche comportementale ?

Oui. Le neurofeedback se pratique en complément du suivi médical et des approches comportementales comme la CBIT, sans les remplacer. Tout changement de traitement médicamenteux relève uniquement du médecin.

Les tics gênent-ils l’enregistrement de l’EEG ?

Les mouvements créent sur le signal des perturbations appelées artefacts. Elles sont repérées et écartées lors de l’analyse du bilan, et l’entraînement s’adapte : inutile de chercher à retenir ses tics pendant la séance.